Economie

Le plan à 100 milliards du gouvernement a le mérite de tracer des perspectives de long terme et de cibler les faiblesses persistantes de l'économie française. Le plus difficile va résider dans sa mise en oeuvre.

Les Echos - 2 septembre 2020 - Par Étienne Lefebvre

Ceci n'est pas un plan de relance. C'est un plan d'investissement. La copie présentée ce jeudi en conseil des ministres assume un choix fort : le maintien du cap affirmé depuis 2017 (et même en réalité depuis 2014), à savoir la priorité au soutien de l'offre, à la modernisation de l'appareil productif. Et de fait, une grande part du « plan de relance » est nourrie des projets du « pacte productif » en construction à Bercy avant le coronavirus : baisse des impôts de production , soutiens ciblés à des filières d'avenir (batteries, hydrogène, etc.), transition environnementale.

L'ampleur du choc économique a conduit Emmanuel Macron à faire bien davantage que ce qu'il envisageait initialement, mais pas à changer de cap. Une carte maîtresse vis-à-vis des acteurs économiques : la réussite de ce plan passera autant par le retour de la confiance que par des mesures sonnantes et trébuchantes.

Vers un soutien plus ciblé aux entreprises

L'absence de mesure générale de relance par la consommation - comme la baisse de la TVA en Allemagne - apparaît tout aussi justifiée à ce stade. D'abord en raison de l'épargne accumulée (près de 100 milliards, à rapprocher des 100 milliards du plan), et du risque d'une reprise bénéficiant davantage aux importations. Ensuite, parce que les mesures d'urgence déjà prises, comme le chômage partiel, ont agi comme un puissant soutien au pouvoir d'achat, peu affecté jusque-là en dépit de l'ampleur de la récession.

Ce sont l'Etat et les entreprises qui ont essuyé les pertes. Et pour ces dernières, le pire est à venir car les charges reportées et les prêts garantis vont commencer à devoir être remboursés. Pour limiter la vague de faillites, et de licenciements, il va donc falloir continuer de soutenir les entreprises, tout en ciblant davantage les interventions, une tâche autrement plus complexe…

Dépenser vite, dépenser bien

Une autre difficulté de cette stratégie sera non pas de revoir à la hausse le quantum de 100 milliards d'euros - même si d'autres mesures seront probablement nécessaires dans les prochains mois -, mais de réussir à les dépenser vite et bien. Les investissements doivent devenir réalité dès les prochains mois, ce qui impose une mobilisation de tous les instants pour lever les freins, notamment réglementaires, qui ne manqueront pas de se présenter. La problématique sera la même en matière de formation, de réorientation des salariés vers des secteurs plus porteurs, un chantier immense.

La fin du quinquennat sera donc focalisée sur la mise en oeuvre effective de cette stratégie, et non plus par les grands projets de réforme. Ce n'est pas la tasse de thé des politiques, mais c'est la condition sine qua non pour éviter un décrochage de l'économie française, et de très sombres perspectives sociales.

Etienne Lefebvre

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