Immigration

À Strasbourg, le président a considéré que le droit d’asile « disparaîtra » si on ne lutte pas contre ses « détournements ».

 

Le Figaro - 2 octobre 2019 - Par Arthur Berdah

Il ne veut rien « céder » aux voix du « délitement ». Ni à celles des « illusions ». En déplacement à Strasbourg pour célébrer le 70e anniversaire du Conseil de l’Europe, mardi, Emmanuel Macron a appelé les élus de l’Assemblée parlementaire à un sursaut face aux défis contemporains. À commencer par la question migratoire, qui fera l’objet d’un débat en France lundi prochain. S’exprimant devant un hémicycle quasi plein, où il a été applaudi à son arrivée comme à son départ, le président de la République a alerté ses partenaires sur « le retour des grandes peurs que nous voyons partout remonter ». « Je vois malheureusement les sondages qui montrent la fascination croissante de nos peuples pour des régimes autoritaires », s’est-il inquiété. D’où l’urgence, selon lui, d’une prise de conscience du camp progressiste sur ce sujet, pour ne pas persévérer dans le déni et « faire (ainsi) le jeu des régimes (…) illibéraux ». « Si nous n’avons pas le courage de regarder en face la demande de maîtrise exprimée par tous nos concitoyens (…) nous ne serions pas lucides », a-t-il prévenu.

Ses préoccupations portent notamment sur le droit d’asile, « un de nos acquis les plus fondamentaux » qui est aujourd’hui « objet, de manière évidente, d’un contournement si ce n’est un détournement ». « Si nous (le) laissons devenir objet de trafic, il disparaîtra », a-t-il prévenu, en ciblant violemment les passeurs.

Ouvrir les yeux

Mais sa sortie apparaît aussi comme un moyen de mettre la pression sur ses amis « démocrates » qui, s’ils refusent d’ouvrir les yeux, prépareront le terrain aux « autoritaires (qui seront) élus par des peuples qui auront peur et qui diront “ces gens-là ne sont pas sérieux et ne nous protègent plus de rien” ». Soucieux de préserver son sempiternel « en même temps », Emmanuel Macron a ensuite durci le ton à l’endroit de ceux qui ne jouent pas le jeu du « devoir de solidarité au sein de l’espace Schengen », comme a tenté de le faire Matteo Salvini en Italie, lorsqu’il en était le ministre de l’Intérieur. « Je défends l’idée que ceux qui ne veulent pas se plier à ce devoir de solidarité peuvent s’exposer à une exclusion de l’espace Schengen », a martelé le président, clarifiant une position qu’il n’avait jamais exprimée en ces termes jusqu’à présent.

Après avoir rappelé « l’attachement indéfectible » que porte la France au Conseil de l’Europe - il s’agit de la plus vieille institution du Vieux Continent -, Emmanuel Macron s’est toutefois agacé des critiques qui étaient régulièrement émises par certains commissaires. Notamment au plus fort de la crise des « gilets jaunes », où la bosnienne Dunja Mijatovic, chargée des droits de l’homme, avait cru bon de réclamer une suspension de l’usage des LBD. « Non, ce n’est pas la même chose de maintenir l’ordre public et de réprimer une manifestation. Ce n’est pas la même chose de protéger ses frontières et de porter atteinte au droit d’asile. Ce n’est pas la même chose de lutter contre les discours de haine et la désinformation et de restreindre la liberté d’expression et d’opinion », a-t-il pesté, griffant au passage Greta Thunberg et la plainte qu’elle a déposée contre la France auprès de l’ONU. « Il est toujours plus aisé de critiquer les démocraties libérales que les régimes autoritaires », a-t-il tancé, sans nommer la jeune militante.

Après son discours, le chef de l’État s’est rendu à l’Opéra puis au Théâtre de Strasbourg. L’occasion de s’afficher aux côtés d’élus tentés de briguer la ville sous les couleurs macronistes aux municipales. Un casting qu’Alain Fontanel, premier adjoint chargé de la Culture, entend bien remporter. Il était d’ailleurs ostensiblement placé près du président, mardi.

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