Réformes

Dans son rapport rendu ce mardi, l'institution internationale estime que les réformes mises en oeuvre par le gouvernement gonfleront de 3,2 % le PIB par habitant à horizon de dix ans. Elle critique néanmoins le manque de détermination de l'exécutif à baisser la dépense publique.

Les Echos.fr - 9 avril 2019 - Par Guillaume DE CALIGNON

Le hasard fait parfois bien les choses. Le grand débat national est à peine terminé et le gouvernement n'a pas encore donné ses réponses, que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté ce mardi ses propositions à Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances. Comme tous les deux ans, l'institution décerne ses bons et mauvais points au gouvernement, en lui indiquant les efforts à mener.

Premier bon point, les réformes mises en oeuvre durant les deux premières années du quinquennat d'Emmanuel Macron devraient payer. « Les mesures déjà prises pourraient relever le PIB par habitant de 3,2 % à un horizon de dix ans » et elles « bénéficieraient pour l'essentiel aux ménages à revenus moyens et à ceux relevant de la tranche inférieure », estiment les économistes de l'OCDE. La croissance potentielle de la France grimperait aux alentours de 1,5 % par an, ce qui placerait l'Hexagone parmi le peloton de tête des économies européennes.

Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE, a félicité Bruno Le Maire pour « l'ambitieux programme de réforme » du gouvernement, tandis que le ministre de l'Economie a avoué qu'il y avait « une vraie convergence de vue » entre le pouvoir actuel et l'institution internationale.

Dans le bon sens

Second satisfecit, la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de charges et la réponse apportée jusqu'à présent aux « gilets jaunes » vont dans le bon sens, selon l'OCDE. « Le gouvernement a abaissé les coûts de la main-d'oeuvre et augmenté la prime d'activité pour les personnes faiblement rémunérées, ce qui contribuera à l'amélioration de leurs situations sur le marché du travail et de leurs revenus disponibles », soulignent ses économistes.

Et ces derniers se montrent favorables à la mise en place d'un bonus-malus sur les CDD , comme le gouvernement a l'intention de le faire. « Il faudrait augmenter le coût relatif des recrutements en contrats courts et réformer le système d'assurance-chômage, afin qu'il n'incite pas à enchaîner de façon récurrente les courtes périodes d'emploi et de chômage », défendent les experts de l'OCDE.

Accélérer la baisse des dépenses publiques

Pour le reste, c'est nettement moins bien. « La situation des finances publiques ne s'est pas redressée », jugent-ils. Sans surprise, pour l'OCDE, le gouvernement pèche par sa difficulté à baisser la dépense publique.

« Le programme de réformes du gouvernement visant à maîtriser les dépenses publiques et en améliorer l'allocation par des revues de dépenses devrait être mis en oeuvre plus rapidement. » La France doit mieux faire. Et c'est urgent, car « l'ampleur des dépenses publiques nécessite d'importants prélèvements obligatoires qui limitent la capacité des entreprises à créer des emplois et incitent moins les individus à travailler », selon l'OCDE qui ne change pas son logiciel malgré l'arrivée d'une Française à la tête du département économique il y a six mois, Laurence Boone, ancienne conseillère de François Hollande à l'Elysée .

« Il faudra cibler davantage les dépenses sociales et l'investissement public », considère l'OCDE. Par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires décidée par l'exécutif est « susceptible d'induire des effets négatifs sur la création d'emploi ».

Manque de concurrence

Le deuxième grand chantier auquel la France devrait s'atteler, c'est celui de la formation et de l'éducation. « Trop de travailleurs peu qualifiés et trop de jeunes sont exclus du marché du travail, et l'inégalité des résultats scolaires », déplore l'OCDE.

Enfin, regrette le rapport, « dans certaines professions réglementées, comme les professions de comptable, de notaire et de pharmacien, les critères d'entrée et de pratiques demeurent restrictifs, ce qui pèse sur la productivité et l'emploi. »

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