Réformes

Le président de la République veut décliner le modèle du grand débat national pour pouvoir continuer à réformer.

Le Figaro Premium - 11 septembre 2019 - Par François-Xavier Bourmaud

Des Français assis en rond. Au milieu d’eux, Emmanuel Macron. Cela ressemble au grand débat, c’est l’acte II du quinquennat. Le président de la République en a donné le coup d’envoi visuel mardi à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) lors d’une rencontre sur le thème de l’insertion professionnelle. Une séquence «au contact direct des Français» inspirée de la longue opération de dialogue qu’il avait organisée partout en France au début de l’année pour tenter de sortir de la crise des «gilets jaunes».

«La trace qu’Emmanuel Macron laissera sera sans doute celle d’un président qui a transformé le pays comme il s’y était engagé»

Un des proches du président Emmanuel Macron

De l’aveu d’un de ses proches, le grand débat national a fonctionné pour Emmanuel Macron comme «un voyage initiatique dans les entrailles du pays». À tel point que le chef de l’État veut désormais décliner la formule jusqu’à la fin de son quinquennat pour accompagner ses réformes. À commencer par celle des retraites sur laquelle Jean-Paul Delevoye vient de passer dix-huit mois à discuter avec les partenaires sociaux. Sauf que sur le sujet… «Je tiens à un grand débat», a demandé Emmanuel Macron. Édouard Philippe en détaillera aujourd’hui les modalités devant le Conseil économique, social et environnemental avant de faire le 20 heures de TF1.

De quoi alimenter l’idée que le chef de l’État recule face à l’obstacle, ne serait-ce que pour laisser passer les élections municipales sans braquer le pays avec «la mère des réformes». En clair, le président de la République serait en voie de «chiraquisation», voire de «hollandisation». Un procès alimenté dès la rentrée par l’opposition. «Un des dangers désormais qui menace le macronisme, c’est l’immobilisme», dénonçait début septembre le député Guillaume Larrivé, candidat à la présidence de LR. «La trace qu’Emmanuel Macron laissera sera sans doute celle d’un président qui a transformé le pays comme il s’y était engagé. La chiraquisation de Macron, je n’y crois pas. Il n’y a rien de radical-socialiste chez lui», assure l’un de ses proches.

Conventions citoyennes

Après avoir mené ses réformes au pas de charge au début de son quinquennat et affronté la crise des «gilets jaunes», le chef de l’État change de méthode mais pas de cap. C’est le cas avec la réforme de la Constitution. Face à l’opposition du Sénat, il tente de contourner l’obstacle. Il s’agissait au départ de restaurer le lien distendu entre les Français et leurs dirigeants. Alors puisque cela bloque au Sénat, Emmanuel Macron tente de mettre directement en œuvre sur le terrain la démocratie participative, avec les Français. C’est le grand débat permanent, mais pas seulement.

Emmanuel Macron parie également sur les conventions citoyennes. Les premières seront consacrées à la défense de l’environnement. Elles démarreront en octobre. Parallèlement, il a revu sa copie et proposé une nouvelle version de réforme constitutionnelle qui, là aussi, tente de remettre les Français au premier plan. La ministre de la Justice Nicole Belloubet en a présenté les grandes lignes fin août en Conseil des ministres. Elle prévoit par exemple l’abaissement du seuil de signataires nécessaires pour déclencher un référendum d’initiative partagée. Aujourd’hui fixé à 4,7 millions de personnes et 20 % des parlementaires, il est prévu de l’abaisser à un million de citoyens et 10 % des parlementaires.

La stratégie d’Emmanuel Macron de retourner au contact des Français porte ses fruits

Quant au Conseil économique, social et environnemental (Cese), il sera rebaptisé «Conseil de la participation citoyenne». Le nombre de ses membres passera à un maximum de 150 représentants de la société civile contre 233 membres et 60 personnalités associées aujourd’hui. Cette nouvelle chambre sera toujours le réceptacle des pétitions citoyennes. Elle aura une mission de consultation du public et pourra réunir des conventions de citoyens tirés au sort.

Pour l’heure, la stratégie d’Emmanuel Macron de retourner au contact des Français porte ses fruits. Il a enrayé sa chute dans les enquêtes de popularité et connaît, pour la première fois depuis son élection, une rentrée sans encombres. Mais le chef de l’État n’a même pas encore atteint le mitan de son mandat. «Il faudra juger sur pièces à la fin», glisse l’un de ses proches.

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