Réforme des retraites

Le Premier ministre a dévoilé ce mercredi le contenu du projet de réforme des retraites sur lequel planche depuis deux ans l'exécutif. Tour d'horizon de ses annonces.

Les Echos - 11 décembre 2019 - Par Valérie Mazuir

L'exécutif a abattu ses cartes. Edouard Philippe a dévoilé ce mercredi matin  la réforme des retraites et les compromis, voire les concessions, auxquels l'exécutif est prêt pour tenter de calmer la colère alors qu'en cette septième journée de grève  les transports publics sont à nouveau fortement perturbés .

Sur le calendrier de la réforme, le Premier ministre a annoncé que les Français nés avant 1975 « ne seront pas concernés » et que la génération 2004, celle « qui aura 18 ans en 2022 », sera « la première à intégrer le système universel de retraite ». Pour les autres « la transition sera très progressive » a-t-il ajouté, assurant que « toute la partie de carrière effectuée jusqu'à 2025 donnera lieu à une retraite calculée sur les anciennes règles ».

Retrouvez ci-dessous les principales déclarations d'Edouard Philippe ( cliquez ici pour mettre à jour l'article ) :

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13 h 17 : conclusion

« Ce n'est pas un saut dans l'inconnu, c'est un retour aux sources de notre République. Le temps est bien venu de construire un système universel de retraites », conclut le Premier ministre.

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13 h 15 : au Parlement fin février

« Le projet de loi de réforme des retraites sera prêt à la fin de l'année, nous le soumettrons au Conseil des ministres le 22 janvier et il sera discuté au Parlement à la fin du mois de février ».

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13 h 10 Finir la grève, réengager le dialogue

« Il me semble que ces garanties permettent que les discussions reprennent et que la grève qui pénalise beaucoup de Français s'arrête […] Nous avons pris le temps de concerter, on nous a reproché d'en prendre trop. Il faut désormais avancer. Je n'exclus pas que ceux qui disaient que nous allions trop lentement disent désormais que nous allons trop vite. Dès aujourd'hui je souhaite que les présidents d'entreprise publique engagent le dialogue avec les organisations syndicales. »

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13 h 05 : Pour les soignants et infirmiers

« Je suis attentif avec la ministre des Solidarités et de la Santé à la situation des aides-soignants et infirmiers. Ce n'est pas un hasard si nous avons souhaité flécher des mesures du plan Hôpital sur ces professions qui exercent jour et nuit. Nous savons tout ce que l'hôpital leur doit […] Je veux que nous avancions dans deux directions : reconnaissance des seuils de la pénibilité, pour permettre à un quart d'entre eux de partir plus tôt, et mise en place de temps partiels en fin de carrière pour les aides-soignants qui le souhaitent. »

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13 heures : «dérogation d'âge » pour les missions dangereuses

« Comme l'a dit le président de la République, un système universel ne signifie pas négation de toute spécificité. C'est ce qui en fera sa force et sa capacité à durer. Ceux qui sont exposés à des missions dangereuses (pompiers, policiers, militaires gendarmes) conserveront leur bénéfice de dérogation d'âge. Les gains représentés seront préservés dans le futur système pour maintenir niveau de retraites comparables. »

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12 h 56 : Le niveau des pensions des enseignants « sanctuarisé » dans la loi

« Il serait inacceptable que les enseignants perdent le moindre euro de pension compte tenu de cette réforme et cela ne se produira pas. Nous écrirons dans la loi que le niveau des retraites des enseignants sera comparable aux métiers équivalents dans la fonction publique. »

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, réunira les organisations syndicales pour baliser une discussion pour s'achever à l'été 2020 pour fixer le cadre de rémunération et des carrières.

Edouard Philippe ce mercredi au Cese.

Edouard Philippe ce mercredi au Cese.AFP

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12 h 52 : Sur la transition

« Nous avons conçu ce système pour les jeunes générations, ceux qui vont être confrontés à ces mobilités professionnelles, géographiques et ces carrières heurtées. Elles doivent en bénéficier sans attendre. »

« Ceux qui entreront sur le marché du travail en 2022 intégreront directement le nouveau système. Plus précisément, la génération de 2004 (15 ans aujourd'hui) sera la première à intégrer le système universel de retraites ».

« Nous avons choisi de ne rien changer pour celles qui sont aujourd'hui à moins de 17 ans de la retraite, c'est-à-dire les personnes nées avant 1975, qui auront plus de 50 ans en 2025. »

« Quant aux personnes qui rejoignent le nouveau régime, je voudrais les rassurer. La première partie de carrière, jusqu'en 2025, sera calculée sur l'ancien système. »

Pour les personnes qui sont déjà dans la vie active, nous avons choisi de ne rien changer pour celles qui sont aujourd'hui à moins de 17 ans de leur retraite. C'est-à-dire, pour le régime général, les personnes nées avant 1975, qui auront plus de 50 ans en 2025. pic.twitter.com/2fpGUj5sAS
— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019

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12 h 50 : Sur la pénibilité

« Nous allons étendre et améliorer la prise en compte de la pénibilité selon critères mêmes pour tous […] Je suis favorable à l'idée de déplafonnner les droits liés à la pénibilité pour les utiliser pour se former ou effectuer la fin de sa carrière à temps partiel. Il faut aussi améliorer les transitions entre activité et retraités, nous donnerons il faut pouvoir continuer à accumuler des points, tout en cumulant retraite et activité. »

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12 h 46 : « Travailler progressivement un peu plus longtemps »

« La seule solution [pour équilibrer les comptes] c'est de travailler progressivement un peu plus longtemps, comme c'est le cas partout en Europe. Nous maintiendrons l'âge minimal de départ à la retraite à 62 ans. C'est un principe de liberté auquel nous voulons rester fidèles. »

« Mais sans forcer, il faut inciter les Français à travailler plus longtemps » […] Le gouvernement compte reprendre la proposition du haut-commissaire de mettre en place un âge d'équilibre avec un système de bonus-malus. Le COR nous dit qu'il faudrait fixer à 64 ans en 2025 pour atteindre l'équilibre. »

« Je voudrais faire observer que 64 ans, ce sera, selon les projections, l'âge moyen auquel les salariés partiront à la retraite dans cinq ans. Je fais état de projection. Cela veut dire que cette date est déjà un horizon raisonnable pour la grande majorité des Français. »

Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux Retraites.

Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux Retraites.Thomas SAMSON/AFP

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12 h 40 : « Une cotisation de solidarité pour les plus riches »

« Le système universel est fondé sur la solidarité nationale. D'une certaine façon, il est la solidarité nationale. Jusqu'aux 120.000 euros de revenus annuels, tout le monde cotisera au même taux pour ouvrir des droits. Au-delà de ce montant, les plus riches payeront une cotisation de solidarité plus élevée pour financer des mesures de solidarité pour tout le monde. C'est un effort juste, le reste n'est que littérature, fut-elle tristement erronée. »

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12 h 38 : « Les femmes, grandes gagnantes »

« Aujourd'hui, les pensions des femmes sont inférieures de presque de moitié à celle des hommes. Qui peut l'accepter ? Personne. Nous pouvons y remédier par un rattrapage des salaires, nous essayons de l'accélérer. Nous savons que ce chemin sera long et que les femmes connaissent plus souvent que les hommes des interruptions de carrière, notamment pour s'occuper de leurs enfants. »

« La maternité sera compensée à 100 % […] en accordant des points supplémentaires pour chaque enfant. Cette majoration sera accordée à la mère sauf choix contraires des parents […] Il s'agit d'un progrès majeur. 80.000 femmes sont contraintes d'attendre 67 ans pour liquider leur retraite car elles n'ont pas assez travaillé. »

« Le système de réversion sera préservé et généralisé, et même amélioré en garantissant au conjoint encore vivant 70 % des ressources du couple. »

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12 h 35 : Une pension minimale de 1.000 euros par mois pour une carrière complète au SMIC

« Nous garantirons une pension minimale de 1.000 euros par mois pour une carrière complète […] Ce sera une conquête pour les agriculteurs, les artisans, les commerçants. Le gouvernement ira même plus loin, le minimum de pension sera garanti par la loi à 85 % du SMIC et évoluera comme celui-ci. Les travailleurs à temps partiel ne seront plus pénalisés. Des points seront alloués comme aujourd'hui pour compenser les périodes de chômage et de maladie. »

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12 h 33 : « Une protection sociale du XXIe siècle »

« Nous devons construire la protection sociale du XXIe siècle en prenant mieux en compte les nouveaux visages de la précarité. Ces nouveaux visages, ce sont la caissière à temps partiel, le livreur à vélo d'une plateforme numérique… Je ne suis pas convaincu que pour eux, nos trimestres, nos 25 meilleures années, soient vus comme le meilleur système au monde. »

Universel, ça veut dire pour tout le monde. Sans exception. Dans le système universel de #retraites, les élus et les ministres seront traités exactement comme tous les Français. https://t.co/04vwqOHe1B

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019

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12 h 30 : « Une règle d'or » sur la valeur du point

« J'ai entendu la crainte de ceux qui jugent le point plus abstrait que le trimestre. Nous ne réussirons pas cette réforme sans leur confiance. Nous nous engageons à ce que la valeur du point ne soit pas fixée à la sauvette […] mais que les partenaires sociaux la fixent sous le contrôle du gouvernement. La loi prévoira une règle d'or pour que la valeur du point ne puisse pas baisser et indexera la valeur du point non sur les prix, mais sur les salaires. »

J'ai entendu la crainte de ceux qui jugent le point plus abstrait que le trimestre et doutent de la préservation du niveau de leurs pensions dans la durée. Nous ne réussirons pas cette réforme sans gagner leur confiance. #retraiteshttps://t.co/MQFB3VFIqM

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019

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12 h 27 : « Le temps du système des régimes spéciaux s'achève »

« Ce projet renoue avec le fil de l'histoire. En 1945, le système conçu prévoyait universalité pour assurer la solidarité. Nous allons aller jusqu'au bout de la logique initiale, nous mettrons fin aux régimes spéciaux. Nous le ferons sans brutalité dans le respect des parcours individuel. Je le dis avec tranquillité, calme, détermination, respect pour les organisations syndicales, pour les travailleurs qui y adhèrent comme ceux qui n'y adhèrent pas. »

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Edouard Philippe ce mercredi au Cese.

Edouard Philippe ce mercredi au Cese.Thomas SAMSON/AFP

12 h 25 : « Une protection sociale plus forte, plus durable »

Le nouveau système « garantira aux Français une protection sociale plus forte, plus durable car elle ne dépendra plus de la démographique de chaque profession. »

« Nous savons tous que nos enfants auront en moyenne de carrières moins linéaires que les autres. Il faut que le système de retraite le permette. »

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12 h 20 : Sur les grèves

« Pour mettre un terme à la sémantique guerrière dans laquelle on voudrait bien nous entraîner, je voudrais dire que cette refondation n'est pas une bataille », dit Edouard Philippe. « Je ne veux pas, dans la France d'aujourd'hui, fragmentée, hésitante entre optimisme et déclinisme, entrer dans la logique du rapport de force. Je ne veux pas de cette rhétorique guerrière, je ne veux pas de ce rapport de force. »

« En toute sincérité, je le dis aux Français qui s'interrogent sur notre projet, nous sommes peut-être en désaccord sur certains points, mais l'ambition d'universalité portée par le gouvernement est portée par la justice sociale ».

« La question n'est pas de savoir si le gouvernement va gagner, si des syndicats vont perdre. […] Il n'y aura ni vainqueur, ni vaincu. »

« Il n'y a pas d'agenda caché, nous ne cherchons pas de petites économies », insiste-t-il.

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12 h 10 : Introduction : « Un nouveau pacte entre les générations »

« Le temps est venu de construire un système universel de retraites. Le président de la République l'a annoncé pendant sa campagne. », commence Edouard Philippe. « Nous proposons un nouveau pacte entre les générations, un pacte fidèle dans son esprit à celui que le Conseil national de la résistance a imaginé et mis en oeuvre après guerre pour créer le système de retraites actuel. Il refonde profondément les règles, pour corriger les injustices, adapter aux nouvelles trajectoires de carrière […] mais reste fidèle aux valeurs fondatrices. »

« La France n'a pas fait le choix, et ne fera jamais le choix, du chacun pour soi et du tant pis pour les autres. Nous ne voulons pas confier nos retraites à l'argent roi. C'est un choix fondamental, ancien, de notre pays. »

Universel, ça veut dire pour tout le monde. Sans exception. Dans le système universel de #retraites, les élus et les ministres seront traités exactement comme tous les Français. https://t.co/04vwqOHe1B

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019
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