Grand Débat

Ce jeudi en Saône-et-Loire, le président Macron a débattu pendant 4h30 avec un millier de lycéens, étudiants, apprentis et volontaires du service civique, dans le cadre du grand débat national.

Le Figaro Premium - 8 février 2019 - Par Par François-Xavier Bourmaud

La chorégraphie est désormais bien rodée. D'abord, le ballet des forces de l'ordre qui quadrillent la ville. Ensuite, les assauts plus ou moins poussés des «gilets jaunes» qui tentent de franchir les barrages. Enfin, l'arrivée du président de la République pour son grand débat du jour. Jeudi, à Autun, c'était le sixième. Pas de visite surprise cette fois, ni de participation «improvisée» à un débat avec des «gilets jaunes» mais deux étapes bien balisées.

» LIRE AUSSI - Les «riches» dans le viseur de la macronie

«Que l'on soit au nord ou au sud de la Loire, avec des élus d'outre-mer, de banlieue, communistes, socialistes ou de droite, tout le monde dit la même chose»

Sébastien Lecornu, secrétaire d'État

Le matin à la sous-préfecture d'Autun avec une vingtaine de maires, l'après-midi dans le gymnase d'Étang-sur-Arroux avec un millier de jeunes. Là aussi, Emmanuel Macron est rodé. Aux interpellations des élus «inquiets, désabusés», le chef de l'État répond en déroulant ses dossiers. Il «regarde les choses». Il «partage totalement» ce qu'il vient d'entendre sur l'agriculture, le chômage ou la taxe d'habitation. Il «accélère (son) propos pour être sûr de répondre à tout le monde». Il fait des démonstrations avec «premier point… deuxième point… troisième point…». Bref, ça ronronne un peu et le président de la République donne souvent l'impression de se répéter par rapport aux cinq premiers débats. «Mais non, peste Sébastien Lecornu, le ministre, de plus en plus à l'aise dans son costume de M. Loyal du grand débat. Que l'on soit au nord ou au sud de la Loire, avec des élus d'outre-mer, de banlieue, communistes, socialistes ou de droite, tout le monde dit la même chose. Cela veut dire qu'il y a des éléments de consensus qui commencent à apparaître.» Notamment sur la loi NOTRe, fortement critiquée par les maires, et dont il est désormais acquis qu'elle sera modifiée à l'issue du grand débat. «Le statu quo n'est pas possible», assure d'ailleurs Sébastien Lecornu.

Pour le reste, c'est encore assez flou. Il reste encore plus d'un mois de débat et Emmanuel Macron veut continuer à écouter les Français pour «faire (son) miel» avant d'avancer des propositions. Jeudi après-midi, les «jeunes» l'ont beaucoup interpellé malgré la pression qui pesait sur leurs épaules avant de le rencontrer.

«N'oubliez pas que vous parlez à un président de la République. Vous n'aurez peut-être pas d'autre occasion dans votre vie. Parlez librement, soyez spontanés»

Une enseignante à un groupe d'élèves avant le débat

«N'oubliez pas que vous parlez à un président de la République. Vous n'aurez peut-être pas d'autre occasion dans votre vie. Parlez librement, soyez spontanés», lance une enseignante à un groupe d'élèves avant le débat. Dans son introduction, Emmanuel Macron lui-même place assez haut l'enjeu de la rencontre. «Ce que nous avons à faire, c'est d'inventer le pays dont nous voulons, ni plus ni moins […]. C'est votre monde qu'on prépare», lance le président de la République, ce qui ne détend pas forcément l'atmosphère.

Au fil des questions, celle-ci finit tout de même par se décrisper un peu. Le dialogue se noue, sage, mesuré, parfois émouvant lorsque des étudiants confient être dyslexiques ou évoquent les drames du harcèlement scolaire. Au début, Emmanuel Macron passe la parole aux ministres qui l'accompagnent - Muriel Pénicaud, Jean-Michel Blanquer et Gabriel Attal - pour apporter des précisions sur le parcours éducatif, le service national universel ou la formation professionnelle.

Mais très vite le naturel reprend le dessus et le chef de l'État s'installe seul au micro. Les mains se tendent pour prendre la parole, les thèmes s'enchaînent. Fake news, filière nucléaire, cohésion de la nation, parcours scolaire… Au bout du compte, les inquiétudes des jeunes font finalement très peu écho à celles des «gilets jaunes». Hormis une question à la fin sur le RIC.

Partagez cet article
  1. Commentaires (0)

  2. Ajouter le votre

Commentaires (0)

Voté 0 sur 5 basé sur 0 voteurs
Il n'y a pas encore de commentaires postés ici

Ajouter vos commentaires

  1. Poster en tant qu'invité.
Rate this post:
0 Caractères
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre emplacement
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Ajoutez votre commentaire

5000 caractères restants


Nos Visiteurs

116096
Aujourd'huiAujourd'hui158
HierHier352
Cette semaineCette semaine158
Ce mois-ciCe mois-ci9756
Depuis toujoursDepuis toujours116096
Le jour le plus visité et pays d'origine du dernier visiteur 01-13-2019 : 1097
UNITED STATES
US

Vous connecter

Notre Lettre d'Information

Abonnez-vous et recevez gratuitement la Lettre Ambition France.
Civ.
J'accepte que mes données personnelles soient conservées par Ambition France
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre Lettre d'Informations, merci de vous désinscrire ci-dessus après avoir rempli tous les champs
Voir notre politique de confidentialité

Acteurs Société Civile

Europe - Consultations citoyennes