Retraites

Il manquera de 8 à 17 milliards d’euros au système de retraite en 2025 pour être équilibré. L’âge pivot est plus efficace que la durée de cotisation pour faire des économies.

 

Les Echos - 19 novembre 2019 - Par Solveig Godeluck

Le déficit des retraites attendu entre 8 et 17 milliards d'euros en 2025

Le Conseil d'orientation des retraites a remis son diagnostic sur l'équilibre financier du système à horizon 2030. Il doit servir à décider d'éventuelles mesures d'économie avant l'entrée en vigueur du régime universel par points en 2025.

Finacement Retraites

Le verdict est tombé, et il va animer les débats, alors que les syndicats opposés à la réforme préparent la grève du 5 décembre. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a remis lundi aux partenaires sociaux le rapporttrès attendu que lui a commandé le gouvernement à la rentrée. La commande visait à affiner les prévisions financières du système de retraite à l'horizon de 2030 et à préparer les esprits à des mesures de redressement des comptes de l'assurance-vieillesse, afin de retrouver l'équilibre lors de l'entrée en vigueur du futur régime universel de retraite en 2025. Une condition fixée par l'exécutif et rappelée fin août par Emmanuel Macron.

Le résultat s'écarte peu du dernier rapport du COR, en date de juin. Mais il insiste sur les perspectives de la prochaine décennie, or c'est justement vers 2030 que les courbes s'infléchissent et que le déficit potentiel doit commencer à se résorber. De plus, ce besoin de financement du système, d'habitude exprimé en points de PIB, est cette fois-ci traduit en euros constants. Et c'est cela qui frappe les esprits.

Les besoins vont croissant

En 2025, ce besoin de financement s'établirait entre 7,9 milliards et 17,2 milliards d'euros constants (de 0,3 à 0,7 point de PIB). La fourchette varie suivant la convention comptable choisie et la croissance de la productivité anticipée. L'hypothèse à 17 milliards est assez théorique, puisqu'elle suppose que les taux de cotisation implicites de l'Etat-employeur et que les taux de subvention des régimes spéciaux restent figés - alors que, dans la réalité, l'Etat met la main à la poche lorsque c'est nécessaire.

A l'inverse, la convention qui prévoit un effort de l'Etat constant en pourcentage du PIB est sans doute trop optimiste - cela signifierait que l'Etat laisse filer son propre déficit. Le scénario le plus réaliste tournerait donc autour de 11,6 milliards d'euros.

Par la suite, le besoin de financement continuerait à s'aggraver, avec un déficit s'établissant entre 8 et 27 milliards d'euros en 2030 (la fourchette s'écarte par le jeu des hypothèses et conventions comptables). Une chose est sûre : le régime général (CNAV) plus le fonds de solidarité vieillesse auraient un besoin de financement d'environ 6 milliards en 2025, puis de 7,5 à 11 milliards d'euros en 2030, après avoir connu un quasi-équilibre en 2018. Mais les trois fonctions publiques verraient leur besoin de financement croître.

Moins de cotisations pour l'Etat-employeur

Par rapport à juin, le rapport prend en compte des hypothèses un peu plus favorables de masse salariale, puisque le gouvernement a prévu 40.000 suppressions de postes de fonctionnaires en moins. De plus, le COR a intégré des économies au titre de la sous-indexation des pensions supérieures à 2.000 euros en 2020.

Mais, en fin de compte, il n'y a pas de bonne surprise pour les partenaires sociaux, qui refusent des mesures de redressement à court terme. La CFDT notamment a répété que des économies risqueraient de tout gâcher… et seraient malvenues puisque, à long terme, le système tend vers l'équilibre. De plus, comme le montre le rapport du COR, le besoin de financement à horizon 2030 ne découle pas d'une dérive des dépenses de retraite, mais en partie « d'une réallocation des ressources au sein des administrations publiques au détriment de l'assurance-vieillesse ». Ainsi, l'Unédic et la branche famille de la Sécurité sociale sont censées moins contribuer au système de
retraite.

Par ailleurs, l'Etat-employeur cotiserait moins pour ses agents dans la fonction publique territoriale ou hospitalière, en raison d'une démographie déclinante… mais devrait combler en bout de course les déficits grandissants de leur régime, géré par la CNRACL.

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